Un point d'EBITDA gagné avant une cession ne rapporte pas un euro. Il en rapporte six, sept, huit. C'est le multiple qui fait ça, et beaucoup d'opérationnels le découvrent trop tard.
Prenons un cas simple. Vous sortez un million d'euros d'EBITDA récurrent grâce à un chantier de productivité. Au moment de vendre, l'entreprise se négocie à sept fois l'EBITDA. Ce million ne vaut pas un million dans le prix : il en vaut sept. Le travail fait à l'atelier se retrouve multiplié au closing.
Le multiple ne paie pas n'importe quel gain
Attention quand même. Un acheteur ne paie pas une économie ponctuelle. Il paie un niveau de marge qu'il pense pouvoir tenir après le rachat. Une baisse de coûts obtenue une fois, sans rien changer de structurel, ne rentre pas dans le multiple. Un gain de productivité qui tient, si.
La bonne question avant de vendre n'est donc pas « combien je peux économiser cette année ». C'est « quel niveau de marge je suis capable de montrer comme durable, et de prouver ». Entre les deux, il y a souvent plusieurs millions au prix final.
Ça se joue avant, pas pendant
Un point d'EBITDA ne se fabrique pas la veille d'ouvrir la data room. Il se construit sur des leviers qui tiennent dans le temps : le TRG des machines, la productivité des équipes, les flux, la qualité du premier coup, les frais fixes. Des sujets d'atelier, menés avec les gens qui font le travail.
Et il faut pouvoir le prouver. Un acheteur sérieux passe tout au crible. Un gain que vous ne pouvez pas documenter, réconcilier avec vos comptes, il ne le paiera pas. La même rigueur qui produit le résultat sert ensuite à le défendre en due diligence.
Une histoire de timing
Le bon moment pour lancer un programme d'amélioration en vue d'une vente, ce n'est pas quand le processus démarre. À ce stade, c'est trop tard : les résultats n'auront pas le temps de s'installer. Il faut s'y prendre douze à dix-huit mois avant. Assez tôt pour que les gains soient réels et récurrents, assez tard pour qu'ils apparaissent encore dans les chiffres que verra l'acheteur.
Faire le lien entre le levier repéré à l'atelier et le multiple encaissé à la cession : c'est exactement ce sur quoi nous travaillons.